Adieu Philippine
 
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Adieu Philippine

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post14/11/2014      partager tweet
Avis Cinéma
dancerinthedark

[Accro au ciné]

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note note a vu le DVD le 12/11/2014 Avis : note

Sur fond de guerre d’Algérie – peut-on l’ignorer quand on parle de la jeunesse de cette époque ?- ce film traite des deux derniers mois de liberté d’un jeune avant son incorporation. Le rythme est sans aucun doute la marque de fabrique de ce long métrage de Rozier. D’ailleurs, cela commence à une cadence effrénée par l’enregistrement d’une émission télévisée d’un groupe de jazz par Jean-Christophe Averty, évoquant le travail, Paris et sa vitesse. Cette première séquence se distingue des autres dans le sens où la musique prend le pas sur l’histoire. Mais la musique restera présente et importante jusqu’au bout du film, mais sur un tempo plus lent (les vacances) voire sur un ton folklorique et dramatique sur la fin. Et puis la rencontre avec Juliette et Liliane, jeunes filles inséparables toujours joyeuses, parfois trop, va donner un sens à la fuite en avant de ce jeune Michel : rêve de cinéma, départ de la télévision, achat d’une voiture, Corse, club Méditerranée, rires, plages, amours… Autant de marques d’insouciance d’une jeunesse qui refuse le monde sérieux des adultes.
On la suit dans leurs virées, spectateur invité à danser, yeux dans les yeux, à une danse tournoyante avec Liliane. La caméra est légère, le noir et blanc est contrasté, le scénario disparait derrière les personnages, la musique est légère : le cinéma est libéré…
Plus d’un demi-siècle après sa sortie, ce film reste vibrant par son réalisme sans être documentaire, où l’on aurait envie de commenter élogieusement chaque scène : ainsi, comment ne pas penser à la scène où Dédé le revenant répondant, le regard perdu, qu’il n’a rien à raconter quand est évoqué son séjour en Algérie (qui nl’a pas vécu ce type de scène ?). Une petite tranche de vie qui en dit long sur son époque, garde un véritable esprit de modernité dont le cinéma d’aujourd’hui pourrait bien s’inspirer plus souvent.
Ce film, intemporel, est plus qu’une réussite : un chef-d’œuvre !
 
post10/01/2019      partager tweet
Avis Cinéma
rosalie210

[Cinéphil]

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note a vu le DVD le 09/01/2019 Avis : note

Les films de la Nouvelle Vague sont le reflet d'une époque où la jeunesse éprouve un besoin profond de liberté et d'émancipation des modèles parentaux tout en restant enfermée dans le cadre étouffant construit par les générations précédentes (du moins jusqu'à l'explosion de 1968). Ce sont des films en mouvement, où l'on marche, où l'on court, où on danse, où l'on vit mais où on finit toujours par se heurter au mur qui se cache invisible derrière l'horizon de ces symboles d'évasion que sont la plage et le port (quand on ne meurt pas en chemin dans un accident de voiture). En effet de l'autre côté, c'est la mort avec la guerre d'Algérie qui constitue la toile de fond de nombre de films de cette cinématographie: "Le Petit soldat" (1960) de Jean-Luc GODARD, "Muriel ou le temps d un retour (1962)" de Alain RESNAIS, "Cléo de 5 à 7" (1961) de Agnès VARDA, "Les Parapluies de Cherbourg" (1964) de Jacques DEMY et donc "Adieu Philippine", le premier long-métrage de Jacques ROZIER dans lequel un ancien appelé répondant qu'il n'a "rien" à raconter évoque en creux l'indicible de ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée.

Le film décrit avec beaucoup de fraîcheur et de spontanéité le marivaudage à la "Jules et Jim" (1962) de trois jeunes gens à Paris puis en Corse. Car c'est la marque des films de Jacques ROZIER: ils sont toujours scindés en deux parties. Une première partie sur des rails dans laquelle les personnages sont encore relativement contraints et une partie où ils prennent la tangente dans des lieux de vacances ancrés dans le terroir français (il n'y a qu'à écouter la musicalité des accents pour s'en rendre compte) mais sauvages et lunaires. Mais ce qui donne tout son sens au film, c'est le sombre cadre qui entoure les tranches de frivolité dans lesquelles s'ébattent les personnages. L'ouverture sur un fond noir dans lequel on nous rappelle que 1960 est la sixième année de la guerre d'Algérie, l'épée de Damoclès qui pèse tout au long du film sur Michel (Jean-Claude Aimini) le machiniste de plateaux TV qui attend sa feuille de route et la séquence de fin qui le voit embarquer sur un bateau en direction du continent (pour des raisons de censure, Jacques ROZIER le fait partir de Calvi vers la France mais à cette époque, faire son service militaire signifiait partir pour l'Algérie). C'est cette tragédie en arrière-plan qui explique la fuite en avant de cette jeunesse, son refus de l'engagement et des contraintes. N'ayant pas de perspective, elle vit dans l'instant présent comme si chaque jour était le dernier et qu'il fallait en profiter le plus possible. Le fait que Michel ne choisisse aucune des deux filles est révélateur de cette impasse existentielle. A quoi bon construire une relation stable si c'est pour mourir?

 
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